La petite gaine scandale 1950  : étude de cas

Bonjour !

 

J'ai plusieurs pièces de lingerie Vintage qui dorment sagement dans une boîte et, de temps en temps, je les sors et je les étudie presque au microscope : je regarde comment c'est coupé, monté, les finitions, etc.

 

C'est très intéressant et instructif parce que d'une part, c'est toujours génial de voir comment les choses étaient faites avant ; ensuite, les coutures et les coupes sont souvent de très bonne qualité. Je ne suis pas une fervente défenseuse (ce mot n'existe pas, je sais) du "c'était mieux fait avant" parce que ce n'est pas toujours vrai. C'est simplement que si cette pièce de lingerie de 50 ans ou plus est aujourd'hui entre mes mains en entier, c'est qu'elle est d'assez bonne qualité pour avoir traversé plusieurs décennies - en ayant été portée la plupart du temps - sans tomber en poussière. C'est donc que c'est quand même de la bonne camme, et je ne peux pas en dire autant des soutifs que j'achetais avant chez H&M. 

 

Ensuite, je trouve ça très intéressant aussi parce que ça permet de découvrir des techniques de coutures souvent astucieuses qu'on utilise plus forcément aujourd'hui. En fait, aujourd'hui, dans l'industrie, il y a plus ou moins des machines à coudre spécifiques pour tout : des machines à coudre la dentelle, des élastiqueuses, des flatlocks et j'en passe parce qu'il y en a BEAUCOUP. 

Mais avant - on va dire à la louche  avant les années 60 - la plupart de ces machines n'existaient pas, ou n'étaient pas très répandues, et les points et les techniques de coutures utilisées dans l'industrie se résumaient généralement, pour la lingerie, au point droite, zig-zag et quelques coutures à la surjeteuse... Soit la même chose que ce que vous avez chez vous. Et donc, étudier des pièces de lingerie Vintage permet d'apprend beaucoup plus de techniques, de finitions de grande qualité, parfois de haute-couture que ne le permet l'étude d'une pièce de lingerie de luxe d'aujour'dhui, parce que toutes ces techniques et finitions, on peut les reproduire chez soi avec les machines et les outils de couture courants. 


J'ai donc récupéré chez la tante de ma maman cette petite gaine de la marche Scandale, qui doit dater des années 50. Je n'ai pas réussi à en trouver d'autres sur internet pour avoir la date précise ; il n'y a pas de nom de modèle ni sur la boîte, ni sur la gaine... Et donc, d'après l'emballage et le style de la pièce, je pense qu'elle dates des années 50. Mais si vous avez plus d'infos sur son âge, n'hésitez pas à m'en faire part ! 

Je dit gaine, mais c'est une erreur. En réalité, c'est un porte-jarretelles !

 

Voici la définition du Larousse d'une gaine : 

 

"Sous-vêtement féminin en tissu élastique, enserrant la taille et les hanches, destiné à affiner la silhouette."

 

Et la définition d'un porte -jarretelle :

 

"Sous-vêtement féminin composé d'une ceinture étroite, qui supporte les jarretelles." (Larousse)

"Le porte-jarretelles est un sous-vêtement féminin. Pièce de lingerie, il s'apparente à une ceinture entourant la taille ou reposant sur les hanches. Il est muni de paires de jarretelles (le plus souvent 2 ou 3), avec des petites attaches en plastique ou en métal aux extrémités, servant à soutenir les bas « simples. »" (Wikipedia) 

Gaine vintage bleue
Voilà une gaine...
POrte jarretelle vintage rose
Et voilà un porte jarretelle

Comme une gaine peut également comporter des jarretelles, et qu'un porte-jarretelles peut également être en tissu extensible, voir être construit de manière à affiner la taille... C'est parfois un peu difficile de s'y retrouver. D'autant plus que la marque "Scandale" était surtout réputée justement pour ses gaines. Mais ici c'est clairement un porte-jarretelles : on voit bien qu'il est plus en forme de ceinture que de jupe car il s'arrête au bassin, avant les hanches. Comme il est fabriqué dans un tissu élastique assez ferme il devait à l'époque (c'est à dire qu'il a perdu de son élasticité avec le temps donc c'est difficile d'en juger à présent) et donc avoir un effet gainant, mais tout de même assez minime. Bref, pour moi, ça ne fait pas de doute, c'est bien un porte-jaretelles .

 

Porte-jarretelles vintage noir Scandale
Pour moi, pas de doute : porte jarretelles !

Je l'ai donc observé sous toutes les coutures ( #expressionbienplacéedanssoncontexte ) et c'est hypeeer intéressant : c'est très simple, et à la fois très astucieux. 


composition

Le porte jarretelle est en fait un modèle très simple, ce sont les détails et les finitions qui le rendent très intéréssants ( à mon avis de geek de patronnage ) :

 

Déjà, il n'y a aucune fermeture / ouverture : le porte-jaretelle s'enfile comme une jupe. Donc, évidemment, il est élastique...  Il est composé en fait de 2 pièces différentes : 4 devants et dos (qui sont des pièces identiques) et deux côtés, en powernet (même si je ne suis pas sûre qu'à l'époque on appelle ça du powernet - si quelqu'un sait, ça m'intrigue fortement ) 

La taille est bordée par un large élastique noir aux bords festonnés ; on trouve un petit noeud en dentelle au milieu devant. Le bas est bordé de dentelle. On trouve deux pinces à bas à l'avant, et deux aux dos, reliés au porte-jarettelles par un élastique lui aussi recouvert de dentelle.  On trouve aussi entre les coutures d'assemblage des liserées de biais en satin ( comme un passepoil ) et on trouve également du biais sur les bords du bas, à l'intérieur.

TOUTES les coutures - sauf celle de l'élastique de taille et les surjets d'assemblage - sont au point droit. Et ça aussi ça m'a marqué, parce que du point droit sur du tissu élastique ça n'est pas courant ! Mais tout s'explique, en fait... 

 

Bon, maintenant que ces choses pas très passionnantes comme ça sont énumérées, on va voir tout ça un peu plus en détails :


les coutures d'assemblage

C'est la première chose dont je vais parler  parce que :

  • Il y en a beaucoup ;
  • Elles sont jolies ;
  • Elles sont astucieuses ( Si si, des coutures peuvent être astucieuses, vous comprendrez )
  • Elles sont surpiquées au point droit, ce qui n'est pas courant pour un porte-jarretelle en tissu stretch, qui est fait pour s'enfiler sans fermeture. 
Couture du milieu devant
Couture du milieu devant

En fait, les deux parties en powernet (par exemples les deux parties du devant) sont surjetées ensembles, endroit contre endroit, avec entre les deux un bout de biais en satin, plié en deux. 
Ensuite, la couture est ouverte et surpiquée au point droit pour rester en place. 

La couture d'assemblage du milieu devant, sur l'envers
La couture d'assemblage du milieu devant, sur l'envers

J'ai essayé de me souvenir de comment on faisait des schémas techniques, et si ma mémoire est bonne, ça donne ceci : 

N'hésitez pas à me corriger si j'ai fait une erreur, les dessins techniques et tout ça c'était il y a longtemps !
N'hésitez pas à me corriger si j'ai fait une erreur, les dessins techniques et tout ça c'était il y a longtemps !

 

J'ai fait un test avec deux bouts de powernet et un morceau du ruban, et c'est bien ça. 

 

Ce que je trouve astucieux... C'est cette histoire de tissu élastique, de point droit, et de biais satin. Je m'explique : 

Qu'on trouve des coutures droites sur un tissu élastique, c'est pas vraiment courant MAIS c'est tout à fait possible, si les coutures ne sont pas dans le sens ou l'élasticité du tissu va être mise à l'épreuve. Par exemple, ici, les coutures sont verticales, et c'est principalement l'élasticité horizontale du tissu qui est mise à l'épreuve quand on enfile le porte-jarretelles. Donc, pas de problème, une couture droite, OK. 

 

J'ai donc pris deux morceaux de powernet, un bout de ruban satin et j'ai testé cette couture. C'est en effet très joli, très solide... Et pas DU TOUT élastique. Mais alors, pas pour un sou (bonjour l'expression que je n'avais jamais utilisée de ma vie mais qui là me semble appropriée va savoir pourquoi ) ; Je me suis dit que c'était malin, tu fais des coutures au point droit avec un ruban droit-fil sur ton tissu élastique : la couture est donc solide (le droit fil solidifie et rigidifie tout ça, le point droit ne craque pas même si on tire sur le tissu qui lui, est élastique) et comme le but du porte jarretelle est de tenir les bas, si on a trop d'élasticité verticale, les bas vont "tirer" sur la gaine et la descendre / être incomfortable / Positionner les bas trop... Bas. Bref, j'ai trouvé ça pas idiot. MAIS... 

 

J'ai vérifié sur le porte-jarretelle... Et la couture est extensible. Pas des masses, mais quand même, ça s'étire un peu, sans "tirer" sur les points droits de la couture - donc pas moyen de les faire craquer par inadvertance en l'enfilant. Mais je ne comprenais pas pourquoi sur le porte-jarretelle, la couture était un peu extensible, et sur mon essai, pas du tout. 

 

 J'ai vite compris pourquoi : j'ai utilisé un ruban - donc un droit-fil - alors que sur le porte-jarretelles, c'est du biais. Et du biais sur un tissu élastique, même cousu avec un point droit, ça reste un tout petit peu élastique... Et finalement, j'ai trouvé ça encore plus malin que la couture pas extensible du tout :

 

Comme expliqué précédemment, le fait de faire cette couture d'assemblage avec un point droit + du biais rigidifie la couture et la solidifie, donc c'est bien pour les bas etc. MAIS on garde quand même un peu d'élasticité grâce au biais, donc on autorise un peu de "jeu" à ces coutures verticales : ça les empêche donc de craquer si jamais on tire dessus comme une bourrine, c'est aussi sans doute plus confortable par exemple quand on s'assoie. En gros, on enlève une grande partie de l'élasticité du tissu tout en en laissant un peu pour l'aisance. Et en plus de ça, ça donne une couture jolie sur l'endroit ( petit liseré de satin + surpiqûres = je suis fan) et également sur l'envers (surjetée, rabattue et surpiquée) sur l'intérieur, comme le surjet est surpiqué il reste bien plat, il ne frotte pas et ne se ballade pas de droite à gauche. Aussi, aucun risque de la plaquer vers la droite en haut de la couture et vers la gauche en bas si on pense à autre chose en faisant l'ourlet ou en cousant l'élastique de taille. 

VOILÀ, je m'arrête là pour les coutures d'assemblage parce que je peux m'extasier sur ce genre de trucs pendant des heures et que je me doute que si ça vous intéresse un peu, ça ne va pas non plus vous passionner pendant 4h comme moi. Bref. Passons à la suite.


la ceinture de taille

La ceinture est un élastique de 2 cm de large avec un bord festonné, et cousu le plus simplement du monde, ce qui me plaît fortement. 

La ceinture est simplement cousu au point zig-zag ( Pas de point droit puisqu'on veux conserver l'élasticité horizontale du tissu ) , sur l'endroit, à 5 mm du bord du tissu. 

La ceinture est fermée également très simplement : on a mis les deux éxtrémités de l'élastique bord contre bord, et on a fermé tout ça avec un zig-zag. La couture d'assemblage de la ceinture est positionnée au milieu devant et elle est cachée sous un petit noeud en dentelle. 

 

Et je trouve ça malin comme tout d'avoir positionné cette couture sur le milieu devant - Alors qu'on a plutôt l'habitude de voir ce genre de couture au milieu dos, voire dans l'axe des coutures de côté. Je trouve ça malin, parce que : 

  • La couture d'assemblage de l'élastique est cachée par le noeud en dentelle. Du coup, on ne la voit pas quand le porte-jarretelles est porté, et on a aucune couture visible sur la ceinture, ni au milieu dos, ni sur les côtés ; 
  • Mais ce petit noeud, en plus de cacher la couture d'assemblage... A mon avis, il sert aussi à repérer le milieu dos du milieu devant, et d'enfiler le porte-jaretelles dans le bon sens. 
  • Parce que comme les pièces du devant et du dos sont identiques, visuellement, quand tu l'as entre les mains, si tu n'as pas le noeud comme point de repère, tu n'as aucun moyen de reconnaître le devant et le dos, puisqu'ils sont identiques...  Mais si ils sont identiques, on s'en fout, non, du sens dans lequel on l'enfile ? Et bien non : si les pièces du devant et du dos sont identiques, les pinces à jarrettelles ne sont pas positionnées pareil à l'avant et au dos. Les différences ne sont pas flangrantes à l'oeil nu - c'est en mesurant que je l'ai vu. Donc, le petit noeud a une double fonction : il cache la couture de la ceinture et il permet de repérer facilement et rapidement l'avant de l'arrière. C'est pas malin, ça ? 

(Moi non plus, je ne savais pas que je pouvais trouver autant de trucs à dire sur une ceinture de taille élastique) (Rassurez-vous, j'ai moins de choses à dire sur le reste )


l'ourlet du bas

endroit de l'ourlet
endroit de l'ourlet
envers de l'ourlet
envers de l'ourlet

Là encore, le bas n'est pas un bête ourlet, mais - je crois que c'est le terme technique officiel - un "faux ourlet" :

 

Dans un premier temps, on coud - toujours au point droit, ce qui est OK ici même si c'est une couture plus ou moins horizontale, parce que le bas du porte-jarretelle est assez large pour passer les hanches sans avoir besoin de s'étirer. Ce qui veux également dire que l'effet gainant du porte jarretelle est très minime, et ne joue pas sur les hanches. Donc ce n'est définitivement pas une gaine ;-)

Bref - dans un premier temps, on coud au point droit le tissu, du biais de 10mm plié qui a été déplie, endroit contre endroit, bord du tissu contre bord du tissu, à 5 mm du bord. Entre ces deux couches, on a un galon de dentelle NON EXTENSIBLE mais légèrement froncé ( le bord droit du galon contre le bord du tissu et du biais, endroit de la dentelle contre endroit du tissu ) 

 

Ensuite, on rabat le biais vers l'intérieur, et on surpique  à 10mm du bord du tissu ( et pas 10mm du bord de la dentelle )

 

En schéma technique ça nous donne ceci :

Ne me demandez pas ce que j'ai avec les schémas techniques aujourd'hui, je n'en sait rien, j'avais envie. Et je pense que vous l'avez compris, mais la petite vague, c'est la dentelle ! Si il y a une manière oficielle de faire la dentelle, dites moi ;-)
Ne me demandez pas ce que j'ai avec les schémas techniques aujourd'hui, je n'en sait rien, j'avais envie. Et je pense que vous l'avez compris, mais la petite vague, c'est la dentelle ! Si il y a une manière oficielle de faire la dentelle, dites moi ;-)

les jarretelles

ET POUR FINIR, ce à quoi tout ça est un peu, finalement, l'ornement : les jarretelles.

 

D'habitude - ou plus exactement, de nos jours - les jarretelles sont composées d'un élastique (souvent de l'élastique à bretelle comme pour les soutien-gorges) rendu réglable, comme pour les bretelles de soutien-gorges, avec des anneaux et des régleurs. Si cette méthode pouvait aussi être employée à l'époque (pour avoir entre les mains des soutifs de la même année, il y avait bien déjà de l'élastique à bretelles, des anneaux, des régleurs ) ce n'est pas celle qui est employée ici. 

 

Ici, les jarretelles (qui sont les élastiques terminés par une pince qui servent à tenir les bas) sont... Un bout d'élastique à bouton, sur lequel on a cousu de la dentelle. Et là encore, la dentelle est cousu à l'élastique... AU POINT DROIT. Ce qui là encore peut sembler pas du tout logique, puisque point droit sur un élastique - et là, pour le coup, dans le sens de l'élasticité (verticale ici) - ça veux dire craquage de points (ou de slip ?)

 

 

Mais non, n'oublions que ce porte-jarretelles est en fait très bien foutu : la dentelle est donc cousu sur les bords de l'élastique, au point droit, MAIS on a étiré l'élastique au maximum pendant la couture. Donc les points ne peuvent pas craquer, et en relâchant l'élastique, on a donc la dentelle qui se fronce naturellement & des points qui deviennent tous petits, discrets, et là encore très jolis. 

 

L'élastique à bouton recouvert de froufrous dentelle est ensuite glissé simplement dans la pince à jarretelle. Et non, il n'est pas ensuite cousu au porte jarretelle... Mais des petits boutons nacrés tous mignons sont cousus sur l'envers du  porte jarretelles, au niveau de l'ourlet. Pardon, du faux-ourlet. Ce qui est pas bête du tout : l'élastique à bouton permet de régler les jarretelles en hauteurs, on a pas à s'embêter avec des anneaux, et une fois l'élastique accroché au bouton, il ne risque pas de bouger de place (contrairement au régleurs qui, si l'élastique à bretelles est un chouia pas assez large, se dérèglent plus facilement) (mais si l'élastique est à la bonne taille, ça marche très bien)

 

Ça rend de plus les jarretelles amovibles, on peux donc les retirer. Si l’intérêt du porte jarretelle me semble minime sans ses jarretelles, ça devient en revanche intéressant pour le laver : on ne mouille pas les pinces (qui sont en métal et donc susceptibles de rouiller) et je pense qu''il était même possible, sans les jarretelles, de le passer à la machine à laver. 

 

 

Également, si jamais les jarretelles ne sont pas positionnées là où on voudrait, pas besoin de défaire des coutures pour enlever les anneaux et les changer de place, il suffit de mettre un bouton là où on voudrait les jarretelles, et hop, le tour est joué. Ça permet aussi si on le souhaite de rajouter des jarretelles sur les côtés, par exemple. 

Les pinces sont recouvertes d'un bout de ruban en satin noir : pour faire joli et je pense aussi pour éviter de mettre le métal (froid) en contact direct avec la peau. 

 

Les pinces en elles-même sont assez basiques : en métal, avec l'envers en caoutchouc qui permet de sécuriser les bas dans la pince. Elles sont toutefois un peu plus larges que ce qu'on voit maintenant, mais je pense en avoir déjà vu de cette taille sur d'autres pièces anciennes, donc, rien d'anormal. 

 

 

Sur le devant, les jarretelles sont positionnées plus ou moins au niveau du milieu de chaque pièce du devant, et les deux "bras" de la jarretelles ( donc, les deux boutons auxquels on accroche les extrémités de la jarretelle) sont écartés d'environ 4 cm. 

Sur le dos, elles sont positionnées un peu plus vers l'extérieur, et les deux boutons sont écartés de 2 cm environ. 

 

 

Le dos
Le dos
le devant
le devant

Quand on met le porte jarretelle à plat, on voit que dans le dos, le premier bouton du dos est cousu au niveau du deuxième bouton du devant (face à face quand le PJ est à plat) ce qui explique pourquoi les jarretelles sont, dans le dos, un peu plus décalées vers l’extérieur.

 

J'imagine qu'on les a positionnées comme ça pour qu'à l'avant, elles soient plus ou moins au milieu de la cuisse, et pour que dans le dos, elles soient plus vers l'extérieur des fesses, histoire de ne pas faire une belle démarcation en plein milieu des fesses... Logique.

 

 

Pour le fait qu'elles soient écartées de 4 cm à l'avant et de 2 cm à l'arrière, je ne sais pas trop. Je dirais que l'écart est moindre à l'arrière pour là encore éviter de marquer sur les fesses, et plus écartées à l'avant pour mieux répartir la tension des bas. Mais ce n'est qu'une supposition !  


Et pour terminer : la taille !

 

Sur l'étiquette et sur la boîte, la taille indiquée est un 46. Sauf que ce n'est pas du tout un 46 d'aujourd'hui : je dirais plutôt un 40-42 (elle est un poil trop grande pour moi) et elle est bien trop grande pour le mannequin ( ça ne se voit pas trop sur le mannequin, parce que j'ai épinglé le dos pour prendre les photos de face, et le devant pour les photos de dos)

 

J'ai fait quelques recherches sur internet, mais je n'ai rien trouvé en ce qui concerne les tailles "d'avant". En revanche, j'ai trouvé qu'un 46 taille italienne était équivalent à une taille 42 en France. Ce qui me fait penser qu'il est fort probable que dans les années 50, la France et l'Italie utilisaient les mêmes système de tailles .

 

 

Et voilà, c'est tout ce que j'ai à vous raconter sur ce porte - jarretellee ( et on est d'accord, c'est déjà pas mal...) Ça m'a tellement passionné tout ça, que j'ai refait le patron, et que je vais essayer de refaire le porte-jarretelle quasiment à l'identique. Je vous donnerais évidemment le patron, et toutes les instructions pour coudre le porte-jarretelle quand je l'aurais fait, et ce sera donc sans doute en 2017 ! 

 

En attendant, bonnes fêtes à tout le monde et à bientôt !

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Commentaires : 10
  • #1

    corinne (lundi, 26 décembre 2016 10:28)

    bonjour, très bon article, un travail bien fouillé. bravo.
    bonne fête de fin d'année

  • #2

    Carla (mercredi, 11 janvier 2017 23:26)

    Ton article est très intéressant !
    Ils étaient vraiment astucieux à l'époque et on est toujours à la recherche de belles finitions avec les moyens du bord.
    Ça va me donner matière à réfléchir pour la suite !
    Merci :)

  • #3

    desfleurs (lundi, 16 janvier 2017 23:33)

    Bonjour
    Écoute pour les tailles je crois que c'est une histoire de canons de tailles . Ces canons sont révisés de temps à autres, en fonction de l'évolution des morphologies des populations . D'ailleurs ils ont été révisés récemment (enfin il y a quelques années). Voilà ici ils indiquent que cette campagne a eu lieu en 2003
    http://www.utc.fr/~tthomass/Themes/Unites/unites/infos/habillement/Les%20tailles%20des%20vetements.pdf
    Et voilà. En dehors de tout cela bravo pour tout ce boulot que tu fais. J'aime que tu épluches ce vêtement sous toutes ses coutures !!! Il peut m'arriver de le faire quand je tombe sur un vêtement fait main chez Emmaüs par ex. Et c'est sympa de comprendre le travail de la couturière qui est passée par là de nombreuses années auparavant.
    Tes articles sont très intéressants et tes patrons sont bien sympas. En fait cela fait quelques jours que j'ai découvert ton travail et ton blog et j'ai déjà fait plusieurs petits tours par chez toi.
    BRAVO �

  • #4

    Jada Alejo (jeudi, 02 février 2017 04:13)


    No matter if some one searches for his essential thing, so he/she wants to be available that in detail, therefore that thing is maintained over here.

  • #5

    Wonda Iversen (jeudi, 02 février 2017 18:26)


    I am sure this post has touched all the internet visitors, its really really nice article on building up new website.

  • #6

    Carry Tubb (samedi, 04 février 2017 10:26)


    Piece of writing writing is also a excitement, if you be familiar with afterward you can write or else it is difficult to write.

  • #7

    wigwane (mardi, 14 février 2017 03:42)

    Si mes souvenirs de l' époque sont bons , le décalage de la jarretelle au dos est prévu pour que tu n'aies pas à trop te contorsionner pour accrocher tes bas....Imagine le mouvement si la jarretelle se trouvait située plus au milieu du dos..Et toutes devaient y passer à ce système, les jeunes et les vieilles plus très souples..tous les jours, pas juste pour frimer hein!! Et les bas qui glissent ou qui décrochent quand il ne faut pas.... Les vilains collants ont été une libération vers 1964,65... J' ai adoré cet article d'une clarté-limpide-je m'en vais découvrir le reste avec plaisir...

  • #8

    bernadette (mardi, 18 avril 2017 11:03)

    Bonjour

    C'est une site très utile pour les néophytes comme moi . Les descriptions sont très bien faites

  • #9

    BAULE Janine (samedi, 08 juillet 2017 14:05)

    Que des renseignements intéressants ! L'idée de faire tirer son patron via une clé USB et un imprimeur ayant l'imprimante adéquat est géniale. Merci. J'ai acheté il y a deux ans le livre Amples et chic de Habibe Acikgoz et depuis je m'énerve à ne pas y arriver ! Donc tout arrive. Merci encore.

  • #10

    PODOLEC Sylvie (dimanche, 29 octobre 2017 19:28)

    Bonjour , je suis a la recherche d' attaches pour tenir les bas à la gaine . Où m' en procurer ? Merci pour votre réponse . Sylvie